Fact-checking, data journalisme : La presse nigériane s’imprègne des tendances du métier

La presse africaine, en général, celle du Nigeria, en particulier, doit faire l’effort d’embrasser le data journalisme en se basant surtout sur les nouveaux outils médiatiques et le journalisme d’investigation.

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Une vue de la salle du Centre d’excellence de l’Université de Lagos où s’est tenu le séminaire

La presse africaine, en général, celle du Nigeria, en particulier, doit faire l’effort d’embrasser le data journalisme en se basant surtout sur les nouveaux outils médiatiques et le journalisme d’investigation.

Cette recommandation a été formulée à l’issue d’un séminaire sur le foncier tenu à l’Ecole de communication de masse de l’Université de Lagos (UNILAG).

Conscients de ce défi, le Pulitzer Center de Washington, le projet Africa Check et le journal en ligne Sahara Reporters du Nigeria ont organisé cette rencontre de deux jours (24  et 25 novembre 2015), à l’intention des journalistes et des étudiants en journalisme de cette université. Une initiative jugée salutaire par les participants qui en redemandent.

« Comment informer les gens, à travers nos techniques de narration, pour qu’ils connaissent leurs droits relatifs au foncier ? », s’est demandé le Sierra Léonais Sorious Samoura, journaliste chevronné basé au Royaume-Uni.

Pour Megan Chapman, avocate américaine, co-directrice de l’ONG Justice and Empowerment Initiative (JEI) basée à Lagos, cela passe par l’enseignement aux journalistes des lois sur le foncier. Cet enseignement leur permettrait de mieux informer leurs concitoyens et les aider à connaitre leurs droits, à leur tour.

 

« Une nouvelle approche »

De son côté, Joshua Olufemi, chargé de programme au Premium Times (journal nigérian en ligne), a abordé le sujet sous l’angle du journalisme de données (ou data journalisme) qui introduit « une approche nouvelle » dans la façon de rendre compte des faits.

Au-delà du foncier, il a livré un plaidoyer pour le data journalisme, qui consiste à produire un texte à partir de chiffres, à rechercher, nettoyer et rendre visible ce qu’un « œil ordinaire » ne peut pas voir.

Selon lui, c’est tout l’importance du Fact-checking, dans un contexte où l’environnement médiatique évolue. Olufemi a relevé que le Fact-checking est une pratique essentielle pour ceux qui veulent faire du data journalisme.

« Vérifiez les chiffres contenus dans les communiqués », a suggéré Olusegun Onigbinde de BudgIT Nigeria pour qui « les politiciens trompent tout le monde » y compris au sujet de la vérité sur le foncier.

En plus du foncier, au cours des différentes sessions, l’éthique liée au journalisme d’investigation a été largement débattue, notamment à travers l’utilisation de la caméra cachée, pratique de plus en courante dans certains médias.

« Dernier recours »

A cet égard, le journaliste ghanéen Anas Aremayew Anas, qui a recours fréquemment à cette méthode de travail, a affirmé que la caméra cachée ne doit être utilisée comme « dernier recours et quand l’intérêt public » est en jeu.

Anas, rendu célèbre par le recours à l’anonymat comme technique d’investigation, conseille toutefois, l’équilibre dans le traitement de l’information recueillie à travers cette méthode.

Sur un tout autre aspect, les journalistes ont été invités à se familiariser avec le droit foncier, en travaillant notamment avec les agences gouvernementales, les organisations non gouvernementales et autres parties prenantes.

Les participants ont en outre estimé que la presse doit éduquer les citoyens sur leurs droits en matière de propriété foncière.

Comment s’y prendre ? Cela peut passer par le respect des droits des personnes déguerpies pour occupation irrégulière, estiment-ils.

L’un des moyens de le faire est aussi d’assurer un inventaire et un enregistrement des terres de manière participative et inclusive.

Pour cela, les gouvernements doivent rendre tous les documents relatifs au foncier ouverts et accessibles au public.

Assane Diagne est le rédacteur en chef d’Africa Check pour l’Afrique de l’Ouest francophone. 

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