COMMENTAIRE : Si le yoga a sa journée internationale, pourquoi pas le fact-checking?

Un code devant permettre de distinguer le bon fact-checking du mauvais et l’institution d’une journée mondiale non formelle du fact-checking sont les deux idées issues du troisième Sommet mondial du fact-checking et qu’il faudra réaliser l’année prochaine.

Le mouvement fact-checking a grandi partout.

Avec Factcheck.org qui célèbre ses 13 ans cette année, le fact-checking est maintenant partie intégrante de la couverture de la politique aux Etats-Unis. Et même si elles ont gagné du terrain plus tard, les initiatives de fact-checking ne sont pas nouvelles non plus. Le quotidien français Libération a lancé Désintox en 2008. Chequeado en Argentine et Full Fact au Royaume-Uni ont six ans.

Dans cette optique – et même s’ils ont partagé des histoires d’échec en toute franchise – les participants au troisième Sommet mondial du fact-checking ont convenu de prendre des mesures en vue de renforcer la fiabilité du fact-checking en tant que journalisme de reddition des comptes tout en trouvant les voies et moyens d’en étendre la portée.

Instaurer un code partagé
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Un point essentiel de la discussion tournait autour de l’instauration d’un code partagé de principes qui devraient pousser les fact-checkers vers une plus grande transparence et consolider la confiance des lecteurs en cet instrument.

Le code mettra l’accent sur un engagement à être non-partisan et à être transparent en ce qui concerne la méthodologie, les sources et le financement.

«La plupart des organisations de fact-checking se soumettent déjà à ces principes, mais le fait de disposer d’un code écrit que nous pouvons tous signer aura des avantages certains», a dit Peter Cunliffe-Jones, directeur exécutif d’Africa Check.

Un code pourrait ainsi aider à distinguer le bon fact-checking du mauvais, au moment où les campagnes politiques, les gouvernements autoritaires et les groupes de pression avec des agendas douteux essaient de s’approprier le terme.

«Nous recueillerons les avis des fact-checkers du monde entier dans les prochaines semaines », a indiqué M. Cunliffe-Jones.

Phoebe Arnold, responsable de la communication à Full Fact, estime que les fact-checkers sont constitués «d’un groupe d’organisations évoluant dans des contextes différents». Ce qui peut rendre compliquée la mise en place d’un code applicable à tous.

«Cette diversité d’expériences» a toutefois des avantages, a expliqué M. Arnolds. Elle permet surtout de tirer profit des meilleures pratiques à travers le monde.

Le 2 avril, journée internationale du fact-checking ?

Des fact-checkers de 41 pays ont assisté au troisième sommet mondial du fact-checking à Buneos Aires.

Des fact-checkers de 41 pays ont assisté au troisième sommet mondial du fact-checking à Buneos Aires.

A Buenos Aires, un atelier a préconisé l’instauration d’une journée mondiale informelle du fact-checking. Celle-ci pourrait aider à rassembler les initiatives éducatives destinées à cultiver un esprit critique dans les écoles et encourager le développement et l’utilisation des outils de fact-checking.

Même si le calendrier et le format ne sont pas encore déterminés, des dates ont été avancées dont le 2 avril, comme pour répliquer à la date du 1er avril marquée par les plaisanteries du poisson d’avril. Les fact-checkers, comme une plaisanterie, ont envisagé de s’en ouvrir à Google et Twitter, pour développer des griffonnages adaptés et  des émojis sur Twitter – ou même les Nations Unies. Après tout, si le yoga a sa journée internationale, pourquoi pas le fact-checking ?

Pablo Fernàndez, responsable des innovations éditoriales à Chequeado, a souligné que cette journée «pourrait nous aider à augmenter l’impact de toutes les organisations de fact-checking, surtout que leur contenu numérique et physique pourrait ainsi toucher un nouveau public qui d’habitude ne nous connait pas. C’est nécessaire».

Amy Hollyfield, rédacteur en chef adjoint du The Tampa Bay Times, estime que «cela pourrait être une journée d’action au cours de laquelle nous unissons nos efforts pour faire du fact-checking sur un sujet d’une importance capitale à travers le monde».

Au cours de la rencontre, d’autres projets ont émergé. Parmi ceux-ci, le déploiement du widget «Partager les faits» à l’intention des fact-checkers internationaux. Il y a également l’idée d’un groupe de travail sur l’impact et la création de bourses destinées à permettre à des fact-checkers de passer une semaine d’immersion chez d’autres organisations de fact-checkers à travers le monde.

La version originale a été publiée en anglais sur le site du Poynter Institute ou Alexios Mantzarlis dirige le Réseau international du fact-checking depuis septembre 2015. Avant cela, il fut le directeur de la publication de Pagella Politica et de FactCheckEU.

Traduit de l’anglais par Assane Diagne

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