La conférence internationale sur le Sida passée à la loupe

Jon Greenberg de notre partenaire Politifact passe en revue les espoirs et préoccupations des organisateurs de la 21e conférence internationale sur le Sida (18 – 22 juillet) et une myriade de fausses affirmations sur la maladie.

A partir d’aujourd’hui, environ 18.000 personnes se retrouvent à Durban, en Afrique du Sud, pour la 21e conférence internationale sur le Sida. Si elle se penche sur les espoirs des organisateurs, la rencontre va également ouvrir un nouveau front dans la lutte contre le virus d’immunodéficience ou VIH.

On pourrait entendre parler de prophylaxie préexposition, une phase que Chris Beyrer, le président de l’International AIDS Society, considère comme «la plus efficace intervention biomédicale pour prévenir le VIH».

Du moment que les chercheurs ont mis en place des médicaments pour freiner l’avancée du VIH, le traitement s’est focalisé sur ceux qui n’ont pas contracté le virus mais dont le sang a montré un certain niveau de progrès.

Le régime prophylactique prend le sens inverse. C’est une pilule quotidienne que prennent les personnes confrontées à un haut risque d’exposition. Si elles la prennent comme il se doit, celle –ci se montre efficace à plus de 90% pour empêcher le virus de se développer à l’intérieur des cellules.

Le problème est que 2 millions de nouvelles infections sont enregistrées chaque année dans le monde. Six pays utilisent actuellement le traitement par préexposition. Pour renverser cette tendance, il faut un engagement beaucoup plus large.

Swaziland, le pays le plus touché

Cela nous amène à parler d’un autre thème principal qui sera abordé par la conférence de cette année, à savoir comment amener toutes les formes de thérapie vers les populations. Y compris les travailleuses du sexe, les utilisateurs de drogues injectables, les homosexuels et les prisonniers.

Mais dans certains endroits, les jeunes femmes en général, semblent être plus exposées. Africa Check confirme les propos selon lesquels en Afrique du Sud, les filles de 15-19 ans sont huit fois plus exposées à l’infection que les garçons.

Mais ces statistiques peuvent facilement être déformées. Africa Check a démonté l’affirmation selon laquelle trois-quarts des adolescentes africaines sont séropositives. Cela n’est pas vrai.

L’une des préoccupations des organisateurs de la rencontre est que beaucoup de personnes pensent que la menace du Sida est derrière nous. Cela renvoie à l’un de nos tout-premiers articles sur la star du rock Bono qui indiquait que l’  «on pense que le Sida est vaincu ».

L’intérêt du public pour ce sujet a en effet baissé. Un récent rapport de la Fondation Kaiser Family a révélé que l’aide internationale du gouvernement pour les pays à faible et moyen revenus pour lutter contre le VIH/Sida a baissé pour la première fois.

Le taux de nouvelles infections VIH baisse depuis 2000 mais les progrès sont au point mort. Au Swaziland, pays enclavé d’Afrique australe, presque 30% de la population ont le virus. Ce qui en fait le pays le plus touché dans le monde.

Nous avons examiné divers moyens permettant de faire baisser des taux.  Le sénateur américain Tim Kaine a exagéré les avantages liés à la scolarisation, mais une étude a effectivement montré que quand les filles restent une année de plus au secondaire, leur risque de contracter le VIH baisse d’un tiers.

La circoncision, en tant qu’acte médical, y aide également dans des pays comme l’Afrique du Sud, l’Ouganda et le Kenya où les taux de circoncision sont faibles. Plus de 6 millions de jeunes ont subi l’opération. Ce qui les rend moins enclins à infecter une partenaire.

Le VIH est un sujet favori pour des déclarations fausses voire étranges. Il est par exemple inexact de dire que 88 pour cent des policiers sud-africains sont séropositifs. La faiblesse des données collectées peut conduire à l’erreur consistant à dire que le VIH est à la 9e place parmi les causes de décès en Afrique du Sud. Tout comme, il n’est pas vrai d’affirmer que le lait de la chèvre arthritique a un effet thérapeutique sur le Sida.

Pour une introduction sur le VIH/Sida, vous pouvez consulter notre fiche d’information sur la portée mondiale de la maladie et notre résumé sur son impact en Afrique du Sud.

Nous suivrons la conférence internationale de Durban et vérifierons les déclarations qui y seront faites.

Si vous avez entendu des propos sur le VIH/Sida ou une surprenante vérité ou encore une folle rumeur, contactez-nous par email (info@africacheck.org) ou Twitter et nous l’examinerons.

Traduit de l’anglais par Assane Diagne

 

© Copyright Africa Check 2016. Vous pouvez reproduire cet article totalement ou partiellement dans le cadre d’un reportage et /ou d’une discussion sur l’information et l’actualité, à condition d’en attribuer le crédit à “Africa Check, une organisation non partisane qui encourage la précision dans le débat public et dans les médias. Twitter @AfricaCheck_FR et fr.africacheck.org".

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Africa Check encourage une discussion franche, ouverte et inclusive sur les sujets évoqués sur son site. Pour nous assurer que la discussion est en conformité avec des objectifs, nous avons mis en place un réglements pour ces contributions

Les contributions doivent:

  • Etre en rapport
  • Etre rédigées en français

Les contributions ne peuvent pas:

  • Etre diffamatoires, obcènes, abusives, menacer veis et faites dans un langage menaçant
  • Encourager ou constituer une conduite illégale
  • Véhiculer des informations personnelles sur vous sur les autres, susceptibles de mettre quelqu'un en danger
  • Contenir un URL inadapté
  • Constituer un courrier indésirable ou non autorisé
  • Etre soumise plusieurs fois sur le même sujet et le même article

En faisant une contribution, you acceptez que, en plus de Règlement intérieur, vous êtes lié à l'ensembel des termes et conditions d'Africa Check accessible sur le site web.

*