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20 millions de personnes risquent-elles de mourir de famine cette année ?

Envion 20 millions de personnes pourraient mourir de faim cette année, selon un élu américain. Notre partenaire Politifact a vérifié cette affirmation. Les données disponibles lui donnent raison.

Par Jon Greenberg de Politifact

Le représentant démocrate de New York, Joseph Crowley, a rejoint sur les membres du Congrès sut Twitter, le 7 avril 2017, pour sensibiliser l’opinion sur les problèmes alimentaires dans le monde en utilisant le hashtag #FightFamine.

«Plus de 20 millions de personnes risquent de mourir de la famine dans les 6 mois dans 4 pays», a-t-il écrit.

Est-ce vrai?

Quelles sont les preuves de Joseph Crowley ?

L’élu américain s’est basé sur une projection des Nations Unies pour faire son tweet.

L’estimation de 20 millions de personnes est tirée d’une présentation faite le 10 mars par le chef du bureau de l’ONU pour les affaires humanitaires (OCHA), Stephen O’Brien. Ce chiffre concerne les crises au Yémen, au Sud-Soudan, dans le nord-est du Nigéria et en Somalie.

«Sans efforts collectifs et coordonnés au niveau mondial, les gens vont tout simplement mourir de faim», a déclaré O’Brien aux membres du conseil.

Pour être plus précis, le nombre de personnes qui, littéralement, n’auraient rien à manger aujourd’hui, sans l’aide internationale, est inférieur à 20 millions. Mais O’Brien a averti qu’il atteindra ce chiffre si rien n’est fait. Le chef d’OCHA a déclaré que cette catastrophe se déroulerait en 2017.

L’économiste en chef du Programme alimentaire mondiale (PAM) a averti en février que le monde pourrait voir une famine généralisée se développer dans ces quatre endroits dans les six mois.

«C’est la première fois que nous parlons littéralement de la famine dans quatre régions différentes du monde en même temps», a déclaré Arif Husain, dans une interview à l’agence de presse Reuters.

Selon Stephen O’Brien une augmentation immédiate de 200 millions de dollars d’aide était nécessaire. Mais il a souligné que la plupart des problèmes sont politiques.

«Avec l’accès sur le terrain et le financement, les humanitaires vont faire plus, mais nous ne sommes pas la solution à long terme à cette crise croissante», a-t-il déclaré.

Ce n’est qu’en Somalie que la famine est essentiellement d’origine naturelle. Au Yémen, au Sud-Soudan et dans le nord-est du Nigéria elle est principalement du fait de l’homme.

Yémen

Des années de guerre civile ont tué environ 10 000 civils et détruit les moyens de subsistance de millions de Yéménites. Une coalition de partisans du mouvement Houthi et des forces fidèles à l’ex président Ali Abdallah Saleh a renversé le gouvernement élu du président Abdu Rabbu Mansour Hadi. L’Iran soutient les insurgés, alors que l’Arabie saoudite et d’autres États du Golfe ont lancé des raids aériens et déployés des soldats pour restaurer Hadi au pouvoir.

Le PAM a déclaré que près d’un quart de la population – 6,8 millions – dépend entièrement de l’aide extérieure. Une forte diminution des exportations de pétrole et de gaz a provoqué l’effondrement de l’économie, ce qui a pour effet d’éteindre toutes les importations de blé et de riz.

Soudan du sud

Après près de 40 ans de guerre civile, le Soudan du sud s’est séparé du Soudan en 2011, mais la paix a été de courte durée. A partir de 2013, des factions rivales s’affrontent pour le contrôle du nouveau pays. Depuis lors, la violence a déplacé environ 2,7 millions de personnes. Les combattants visent des civils et des travailleurs humanitaires. Ce qui fait du Soudan du sud l’un des endroits les plus dangereux pour fournir une aide humanitaire.

Le Réseau américain d’alerte précoce contre la famine http://www.fews.net/east-africa/south-sudan/alert/january-18-2017 a signalé que «le conflit a perturbé les cultures, la récolte et d’autres activités de subsistance». Avec la baisse de la production, les prix des denrées alimentaires ne sont plus à la portée de millions de personnes.

 

Nord-est du Nigeria

Les enlèvements et les attaques des insurgés de Boko Haram dans le nord ont entraîné des affrontements violents avec les forces armées nigérianes. Environ 2 millions de personnes ont abandonné leurs champs et ont fui leurs maisons. La crise est plus grave dans les États d’Adamawa, Borno et Yobe où environ 7 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire.

Malgré les gains de l’armée nigériane, les agriculteurs n’ont pas été en mesure de travailler dans leurs champs durant trois ans consécutifs. Certains craignent une attaque directe, mais les mines présentent aussi une menace continue, après que les rebelles ont été repoussés. Sans une nouvelle récolte, non seulement les familles des agriculteurs manquent de nourriture, mais celle disponible sera plus coûteuse.

Somalie

De très mauvaises conditions climatiques ont aggravé la misère humaine dans un état déjà fragile. Après que les inondations ont ruiné les cultures et déplacé des personnes en 2015, la sécheresse actuelle est la pire jamais enregistrée depuis des décennies dans certaines régions. Selon les Nations Unies, plus de la moitié de la population – environ 6,2 millions – a besoin d’aide, y compris environ 363 000 enfants gravement malnutris.

Le Bureau des nations unies pour les affaires humanitaires affirme que le pays est au bord de la famine.

Conclusion : l’affirmation est vraie

L’élu démocrate Joseph Crowley a déclaré que 20 millions de personnes risquent de mourir de faim dans les six mois dans quatre pays. Cela correspond aux estimations de deux hauts responsables de l’ONU qui disent que la menace a atteint des proportions historiques.

L’estimation est tirée d’une présentation faite le 10 mars par le chef du bureau de l’ONU pour les affaires humanitaires (OCHA), Stephen O’Brien. Ce chiffre concerne les crises au Yémen, au Sud-Soudan, dans le nord-est du Nigéria et en Somalie. Ce chiffre a été confirmé par le Programme alimentaire mondial (PAM).

L’affirmation est correcte selon les données de l’ONU.

Texte traduit de l’anglais. La version originale peut être consultée sur le site de notre partenaire Politifact.

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