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Fête du travail : Macky Sall a-t-il honoré ses engagements du 1er mai 2015 ?

Le Président Macky Sall avait pris trois engagements, en recevant les cahiers de doléances des travailleurs, le 1er mai 2015. A la veille de la célébration d’une nouvelle fête du travail, où en est-on avec le processus de mise en œuvre de ces engagements?

Par Birame Faye

Le Président Macky Sall avait engagé son gouvernement à mettre en œuvre le Pacte national de stabilité sociale et d’émergence économique (PNSSEE) et à conduire une révision aboutie de la Convention collective des  journalistes et des techniciens de la communication sociale, en recevant les cahiers de doléances des syndicats, le 1er mai 2015.

Dans son discours, Macky Sall s’était en outre engagé pour le « renforcement des moyens d’intervention de l’administration du travail |inspecteurs et contrôleurs du travail et de la sécurité sociale qui] occupe une place centrale dans le Plan d’action ».

 

Où en est-on avec le processus de mise en œuvre de ces engagements, au moment où le Sénégal s’apprête à célébrer à nouveau la fête du travail?

La mise en œuvre du PNSSEE est-elle effective?

Un défilé de 1er mai de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Forces du changement (CNTS/FC), une des principales centrales du pays, dans les rues de Dakar. Photo AFP

Un défilé de 1er mai de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal/Forces du changement (CNTS/FC), une des principales centrales du pays, dans les rues de Dakar. Photo AFP

Signé par les syndicats  le 15 avril 2015, le PNSSEE résume son plan d’actions  en 15 points parmi lesquels l’amélioration des moyens juridiques, techniques et financiers de l’administration du travail. Le délai de mise en œuvre était de trois ans. Depuis, deux ans se sont écoulés.

Le ministre du Travail, du Dialogue social, des Organisations professionnelles et des Relations avec les institutions, Mansour Sy a indiqué que la mise en œuvre de ce processus a réellement démarré en 2016.

Qu’en est-il des moyens de l’administration du travail ?

Le Syndicat des inspecteurs et des contrôleurs du travail et de la sécurité sociale (SICTRASS) a déposé une plateforme revendicative qui intègre la dimension amélioration des conditions de travail, depuis 2011.

Son secrétaire général Mamadou Camara Fall constate que l’Etat n’  a pas beaucoup fait en termes de matérialisation dudit pacte.

«Deux ans après la validation du PNSSEE (…), le niveau de réalisation laisse à désirer, malgré les engagements de l’Etat, au premier rang desquels, celui relatif à veiller au respect de la législation sociale, par le renforcement des  moyens juridiques, financiers et logistiques de l’administration du travail, conformément à la convention de l’Organisation internationale du travail (OIT) ratifiée par le Sénégal », a dit le syndicaliste et inspecteur du travail interrogé par Africa Check.

M. Camara rappelle que « deux conventions ont été signées avec la Caisse de sécurité sociale et l’IPRES (Institution de prévoyance retraite du Sénégal) pour appuyer les Inspections dans leur mission de contrôle des entreprises ».

Mais le leader du SICTRASS a « de sérieuses réserves par rapport, d’une part à l’utilisation de ces montants et, d’autre part, par rapport à l’appui prévu dans le budget du ministère et destiné à ces mêmes inspection.».

Pourtant, selon Mansour Sy, le gouvernement a budgétisé 145 millions de francs CFA pour doter les inspecteurs du travail en  véhicules, en plus de l’équipement des services qui est déjà effectif. « Le marché d’acquisition de véhicules est lancé et le  fournisseur est déjà choisi », a-t-il assuré.

M Sy a ajouté que les budgets des inspections régionales du travail ont connu « une augmentation de 77% ».

Où en est la révision de la convention collective des journalistes ?

A l'image de ce militant de la CNTS, les travailleurs profitent du défilé du 1er mai, pour exposer leurs doléances sur des pancartes et banderoles. Phot AFP

A l’image de ce militant de la CNTS, les travailleurs profitent du défilé du 1er mai, pour exposer leurs doléances sur des pancartes et banderoles. Phot AFP

Sur la base d’une évaluation de la convention collective en vigueur et d’un benchmarking effectué dans certains pays considérés comme des références en matière de traitement salarial des journalistes, le Syndicat de professionnels de l’information et de la communication (SYNPICS) avait demandé la révision au ministère chargé du Travail. Aussitôt, le processus a été déclenché par le ministre Mansour Sy, en convoquant  le SYNPICS et les patrons de presse à une réunion paritaire.

Les patrons  de presse n’ont jamais répondu aux convocations. Le ministre  a reconnu le blocage du processus du fait de l’absence d’une des parties. « Une convention collective lie les travailleurs aux patrons. Si ces derniers ne viennent pas, il y aura un problème. Ça  fait deux ans qu’on  n’avance pas. Là, il y a un travail à faire », a soutenu M. Sy.

Ces propos sont confirmés par le porte-parole du SYNPICS, Aly Fall. « Macky Sall n’a rien fait depuis le 1er mai passé. Le dossier [de la révision de la convention collective] est au point mort ! Le ministère du Travail est trop indulgent avec le patronnant. D’ailleurs, le SYNPICS n’exclut pas de boycotter la rencontre du 1er mai prochain.», avertit le syndicaliste contacté par Africa Check.

Et pour le gardiennage ?

Dans le secteur du gardiennage, Jean-Léopold Guèye, secrétaire général du Syndicat national des convoyeurs de fonds et agents de sécurité privée (SYNACOFAS), a confié à Africa Check que l’Intersyndicale des agents de sécurité privée « a enfin déposé ses conclusions sur les observations du patronat à propos de l’avant-projet ».

« Le ministère du Travail convoquera bientôt la réunion entre les trois parties à savoir les syndicats, le patronat et l’Etat », a dit M. Guèye, mettant toutefois en garde contre « une convention au rabais ».

 Conclusion : deux engagements ont connu un début d’exécution, aucun progrès sur le troisième

Si le processus de mise en œuvre du PNSSEE n’a débuté qu’en janvier 2016, les moyens promis l’administration du travail tardent à être effectifs. Il faut toutefois signaler que les budgets des inspections régionales du travail ont connu « une augmentation de 77% ».

A cela, il faut ajouter l’annonce d’une enveloppe de 145 millions de francs destinée à doter les inspecteurs du travail en véhicules. Des lenteurs qui sont à l’origine des « sérieuses réserves » des syndicalistes du secteur.

Du côté de la presse, en un an, aucun progrès n’a été enregistré pour ouvrir les négociations qui doivent permettre d’adopter une nouvelle convention collective. La même situation prévaut, dans le secteur du gardiennage où la rencontre qui doit réunir le patronat, l’Etat et les syndicalistes n’a pas encore eu lieu.

Edité par Assane Diagne

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