Nos articles par flux RSS

La prévalence du paludisme au Sénégal a-t-elle chuté de plus de 50% ?

La prévalence du paludisme au Sénégal a régressé «de plus de 50% entre 2009 et 2015 », a récemment indiqué la ministre sénégalaise de la Santé et de l’Action sociale. Nous avons vérifié cette information.

Par Hyppolite Valdez Onanina

«La prévalence parasitaire est passée de 3 % à 1,2 % grâce à la mise en échelle d’interventions à efficacité prouvée et c’est pourquoi le Sénégal a l’ambition d’aller vers la pré-élimination en 2020 », écrit  l’Agence de Presse Sénégalaise (APS) qui cite Awa Marie Coll Seck.

La ministre sénégalaise de la Santé et de l’Action sociale s’exprimait récemment lors d’une cérémonie de signature par les députés du Pacte d’engagement pour l’élimination du paludisme.

La baisse du taux prévalence du paludisme a-t-elle réellement atteint le niveau indiqué? Nous avons vérifié.

Quelles sont les preuves de la ministre ?

 Nous avons contacté le ministère de la Santé et de l’Action sociale qui nous a redirigés vers son Programme national de lutte contre le paludisme (PNPL).

Dans un document intitulé ‘‘Plan stratégique national de lutte contre le paludisme au Sénégal (2016 – 2020)’’, le PNLP écrit justement que le paludisme «a connu une régression significative de plus de 50% entre 2009 et 2015. En effet, la prévalence parasitaire est passée de 3% à 1,2% ».

Des données à reconsidérer 

Mais selon le Docteur Moustapha Cissé, coordonnateur adjoint et chef du bureau suivi évaluation du PNLP, «en 2008 et 2009, le taux de prévalence du paludisme au Sénégal était exactement de 6% ».

Quand nous l’avons interpellé sur les données fournies  dans le ‘‘Plan stratégique national de lutte contre le paludisme au Sénégal (2016 – 2020)’’ publiée par le PNPL, il a confirmé qu’en 2009 le taux de prévalence du paludisme au Sénégal « était bien de 6% ».

«Entre 2010 et 2012, il n’y a pas de données exactes sur la prévalence parasitaire du paludisme », a-t-il poursuivi.

Le Dr Cissé a souligné ensuite que « ce n’est qu’à partir de 2013 que le PNLP a commencé à réaliser des enquêtes chaque année, grâce à l’appui de l’Agence des Etats unis pour le développement international (USAID) ».

Ainsi, « en 2013, le taux de prévalence du paludisme au Sénégal était de 2,8% et il était de 1,2% de 2014 à 2015 » selon le Dr Cissé qui a expliqué que « cette forte régression de la prévalence parasitaire du paludisme coïncide avec une période où l’on a investi, à l’échelle mondiale, beaucoup de moyens dans la lutte contre cette maladie».

 

Ces données concordent-elles avec celles de l’OMS ?

 Selon Khalifa Mbengue qui est chargé de la communication du Bureau de l’OMS au Sénégal, «c’est le gouvernement (sénégalais) qui dispose de toutes les données sur le paludisme».

«Si nous avons besoin des données, on leur demande», a-t-il indiqué à Africa Check.

Conclusion : le taux de régression du paludisme entre 2009 et 2015 a été sous-évalué

 La ministre de la Santé et de l’Action sociale a affirmé que la prévalence du paludisme au Sénégal a régressé « de plus de 50% entre 2009 et 2015 » passant de « 3 % à 1,2 % ».

Mais selon le coordonnateur adjoint du Programme national de lutte contre le paludisme qui coordonne le Bureau suivi évaluation de la même structure, la prévalence du paludisme est passée de 6 à 1,2% entre 2009 et 2015. Ce qui traduit précisément une chute de 80%.

Sur le principe, on a enregistré effectivement une chute « de plus de 50% de la prévalence du paludisme au Sénégal entre 2009 et 2015 »  mais Awa Marie Coll Seck a sous-estimé le taux de régression de la maladie sur la période indiquée (80%). En effet, elle s’est trompée sur le chiffre de la prévalence du paludisme en 2009 qui était de 6% et non de 3% tel qu’elle l’a indiqué.

Edité par Assane Diagne

© Copyright Africa Check 2017. Vous pouvez reproduire cet article totalement ou partiellement dans le cadre d’un reportage et /ou d’une discussion sur l’information et l’actualité, à condition d’en attribuer le crédit à “Africa Check, une organisation non partisane qui encourage la précision dans le débat public et dans les médias. Twitter @AfricaCheck_FR et fr.africacheck.org".

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Africa Check encourage une discussion franche, ouverte et inclusive sur les sujets évoqués sur son site. Pour nous assurer que la discussion est en conformité avec des objectifs, nous avons mis en place un réglements pour ces contributions

Les contributions doivent:

  • Etre en rapport
  • Etre rédigées en français

Les contributions ne peuvent pas:

  • Etre diffamatoires, obcènes, abusives, menacer veis et faites dans un langage menaçant
  • Encourager ou constituer une conduite illégale
  • Véhiculer des informations personnelles sur vous sur les autres, susceptibles de mettre quelqu'un en danger
  • Contenir un URL inadapté
  • Constituer un courrier indésirable ou non autorisé
  • Etre soumise plusieurs fois sur le même sujet et le même article

En faisant une contribution, you acceptez que, en plus de Règlement intérieur, vous êtes lié à l'ensembel des termes et conditions d'Africa Check accessible sur le site web.

*