Africa Check Ne cherchez plus sur Google : réponses à 5 questions fréquentes sur l’Afrique

Pour célébrer la journée de l’Afrique, nous avons répondu à cinq questions qui sont fréquemment posées sur Google concernant le continent.

Qu’est-ce que les gens veulent savoir sur l’Afrique? Selon le moteur de recherche, beaucoup veulent savoir si elle est un pays. (Non, elle ne l’est pas).

Ceux qui pensent que l’Afrique est un pays veulent savoir qui en est le président. Et ceux qui savent que ce n’est pas un pays veulent savoir combien de pays elle compte. (L’Union africaine compte actuellement 55 Etats membres).

Vous n’avez plus besoin de poser les questions suivantes à Google. Nous vous donnons les réponses.

  1. Combien de pays africains sont dirigés par des femmes ?

A la date du 25 mai 2018, aucune femme ne dirige un pays africain. Mais il y a un an, lorsque nous publiions pour la première fois cet article, seuls l’Ile Maurice et le Liberia étaient les deux pays dirigés par des femmes en Afrique.

Ameenah Gurib-Fakim, une biologiste de formation, était devenue présidente de l’Ile Maurice le 5 juin 2015, la troisième femme présidente de ce pays (un record en Afrique). Impliquée dans un scandale financier, elle a présenté sa démission le 17 mars 2018.

Au Liberia,  Ellen Johnson-Sirleaf (née le 29 octobre 1938) a dirigé le Liberia de 2006 à janvier 2018, quittant donc ses fonctions au terme de deux mandats successifs de six ans. Elle est la première femme élue chef d’Etat sur le continent africain. Ailleurs, elles ont soit été désignées pour un intérim (Centrafrique, Afrique du Sud) soit nommées (Ile Maurice) ou ont pu accéder au pouvoir par la Constitution (ce fut le cas au Malawi et au Gabon). – Assane Diagne

  1. L’Afrique est-elle en marge de la mondialisation ?

L’Afrique occupe une infime place dans le commerce mondial. Entre 1980 et 2000, la contribution du continent dans les échanges internationaux avait chuté de 3,3 à 1,6%. Aujourd’hui elle atteint à peine 3 %, selon le rapport 2016 sur les statistiques du commerce mondial publié par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Toutefois, le directeur exécutif du Centre africain pour le commerce, l’intégration et le développement (CACID), Cheikh Tidiane Dièye, estime que cette lecture statistique et quantitative ne reflète pas la place réelle de l’Afrique. Il souligne qu’une « telle approche masque les dynamiques d’évolution profondes et décisives ainsi que les progrès remarquables réalisés par les pays africains, aussi bien dans le commerce que dans les négociations commerciales, qu’elles soient multilatérales, régionales ou bilatérales, de surcroit dans un contexte mondial qui ne présente pas que des avantages ».

Denis Cogneau, enseignant à l’Ecole d’économie de Paris et chercheur à l’Institut de recherche et de développement (IRD), souligne dans un échange d’emails avec Africa Check que l’un des avantages de la mondialisation actuelle pour l’Afrique est économie.

C’est, selon lui, « l’accroissement de la demande de matières premières minérales et agricoles de la part des pays asiatiques qui s’industrialisent ». Il ajoute que du fait de l’augmentation du volume des exportations des matières premières « il y a eu dans plusieurs pays de nombreux investissements en infrastructure liés aux matières premières, ainsi qu’une expansion des secteurs de la finance ou de l’assurance liés à cela ». Ce qui a permis, ajoute-t-il, une forte croissance dans de nombreux pays ».

Toutefois Denis Cogneau relative en prenant exemple sur la chute des cours des matières premières pour relever que « la mondialisation et la diversification des partenaires commerciaux qui exposent les économies africaines à une forte volatilité de leur revenu ».

Quant à Cheikh Tidiane Dièye, tout en reconnaissant que l’Afrique subit la mondialisation plus qu’elle ne la façonne, estime que celle-ci est une opportunité pour mieux développer le commerce intra-africain.

Il soutient que l’Afrique n’est pas en marge de la mondialisation. Selon lui, si on met de côté les considérations statistiques, le continent est bien intégré au commerce mondial. Il estime que «l ’Afrique souffre moins d’un déficit d’intégration que d’une mauvaise intégration dans le commerce mondial».

Pour sa part, Denis Cognea souligne que «l’Afrique a toujours été reliée au monde, et actrice de ses relations avec le monde, même lorsque ces relations étaient particulièrement déséquilibrées ou inégales comme au moment de la colonisation». «Si son poids dans les échanges mondiaux est encore restreint, son rôle dans l’économie mondiale ne peut que s’accroître à l’avenir, ne serait-ce que par son poids démographique », ajoute-t-il. – Samba Dialimpa Badji

  1. Y a-t-il des volcans actifs en Afrique?

Oui, le continent abrite environ 130 volcans actifs, selon la définition du mot ‘’actif’’. Les vulcanologues considèrent qu’un volcan est actif ‘’s’il a montré une activité au cours des 10.000 dernières années’’, a dit à Africa Check, le Dr Sarah Brown, chercheur sénior en vulcanologie à l’Université de Bristol.

Le chiffre de 130 a été fourni à Africa Check par le Docteur Benjamin Andrews, géologue et directeur du Global Volcanism Program à la Smithsonian Institution.

Sur les 130 volcans, “44 ont des éruptions datées, 28 ont fait éruption depuis 1800 et 13 ont fait éruptionsdepuis 2000’’, a expliqué le Docteur Andrews.

Parmi eux, il y a Manda Hararo en Ethiopie en 2009, Nabro en Erythrée en 2012 , et Ol Doinyo Lengai en Tanzanie en 2013. Plus récemment, les volcans Nyamuragira et Nyiragongo ont fait éruption en RD Congo en 2017. – Gopolang Makou

4. Combien de pays francophones y a-t-il en Afrique?

Environ la moitié des pays africains ont le français en partage, a indiqué à Africa Check Mathias Brenzinger, directeur du Centre pour la diversité des langues africaines à l’université du Cap.

Mais ce ne sont pas tous ces pays qui font du français leur langue officielle.

Ces pays sont : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, République Centrafricaine, Tchad, Comores, RD Congo, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Guinée Equatoriale, Gabon, Guinée, Madagascar, Mali, Maurice, Maroc, Niger, Rwanda, Sénégal, Seychelles, Togo et Tunisie.

En tant que département d’Outre-Mer de la France, l’Ile de la Réunion est aussi francophone – Ina Skosana

Bonus

La Guinée Equatoriale est le seul pays africain qui a l’espagnol comme langue officielle, à côté du français et du portugais. Six pays ont le portugais en partage : Angola, Cap Vert, Guinée Equatoriale, Mozambique, Guinée-Bissau et São Tomé et Principe.

  1. La pomme étoile blanche est-elle bonne pour la grossesse ?

La pomme étoile blanche est le fruit d’un arbre dont le nom scientifique est Chrysophyllum albidum.  Le botaniste écossais est le premier à décrire cet arbre que l’on retrouve en Afrique tropicale.

Diverses études suggèrent que le fruit peut être bénéfique pour la santé mais nous n’avons pas trouvé de recherche sur ses bienfaits durant la grossesse.

Dr Babasola Okusanya, professeur d’obstétrique et de gynécologie à l’Université de Lagos, a dit à Africa Africa Check que les vertus nutritionnelles associées à la pomme étoile blanche peuvent être étendues aux autres fruits.

« Les fruits sont bons pendant la grossesse. Ils contiennent des vitamines et des micronutriments. Mais je ne pense pas qu’il y ait une vertu spécifique à la pomme de cajou », a-t-il ajouté.

Quel conseil donnerait-il donc à une femme enceinte qui voudrait connaitre les vertus sanitaires de cette pomme ?

«Ce que je voudrais dire c’est que la pomme étoile bllanche est un fruit. La consommation de fruits est encouragée pendant la grossesse. Mais comme tous les fruits, c’est à consommer avec modération », a-t-il suggéré. – David Ajikobi

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