FICHE D’INFO – Chefs d’Etat invités à des cérémonies ou en visite au Sénégal : qui paie la note ?

Qui s'occupe de la prise en charge logistique et financière des délégations étrangères qui séjournent au Sénégal dans le cadre de fêtes et cérémonies officielles ou de visites d’État ? C’est la préoccupation d’un groupe citoyen qui a écrit à Africa Check pour en savoir davantage.

Sur Twitter, le groupe Wa Mbedmi qui dit promouvoir la citoyenneté par l’information et la participation aux affaires publiques, a écrit à Africa Check pour savoir comment les délégations étrangères qui séjournent au Sénégal dans le cadre de fêtes et cérémonies officielles, ou de visites d’État, sont prises en charge sur le plan logistique et financier.

« Plusieurs délégations ont pris part à la cérémonie de prestation de serment du président Macky Sall. Pourrions-nous savoir celui qui supporte les dépenses afférentes au déplacement et séjour des invités à Dakar ? », a-t-il demandé.

Qui s’occupe des invités ?

Au Sénégal, il existe deux structures publiques chargées de prendre toutes les dispositions relatives aux visites officielles.

Il s’agit du Service du protocole présidentiel, lorsque le chef de délégation est un chef d’État.

Et puis, vient la Direction du Protocole, conférences et de la traduction logée au Ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur lorsque la visite concerne des ministres et ambassadeurs et autres personnalités de rangs similaires.

Qui prend en charge les frais de séjour ?

Africa Check a contacté le Service communication du ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur. Celui-ci nous a mis en relation avec la Direction en charge du protocole.

Ce service nous a indiqué que « l’ambassadeur du pays invité est le socle de la visite ».

« Il travaille avec les autorités compétentes pour déterminer les modalités. Mais c’est le pays hôte qui fixe les règles du jeu », précise-t-il.

La direction en charge du protocole explique qu’il y a « les règles dites 1+5 pour les conférences ou 1+10 lorsqu’il s’agit de visite de chef d’État où il faut également prendre en compte le couple présidentiel ». C’est-à-dire que selon qu’on est dans l’un ou l’autre des deux cas, le chef de délégation plus cinq ou dix personnes sont pris en charge.

Maintenant, quand il s’agit d’une conférence, « cela peut dépendre de la capacité d’accueil de la salle pour fixer un nombre à chaque délégation étrangère. Si le nombre arrêté est dépassé, les personnes concernées se prennent en charge. Quant à la durée, le plus souvent, c’est deux jours avant et un ou deux jours après la rencontre », souligne-t-elle.

« Lorsque le Sénégal invite par exemple les chefs d’État, il prend en charge tous les frais », ajoute la direction en charge du protocole sans pour autant donner un quelconque coût d’une visite officielle.

Toujours selon la direction du protocole du ministère des affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, les délégations invitées s’occupent de leur transport jusqu’au Sénégal. Une fois sur place, précise-elle, « il faut partir du principe que celui qui invite prend tout en charge. Donc, l’Etat propose un package qui comprend l’hébergement, la restauration, le transport …».

La pratique et la courtoisie

Africa Check s’est rapproché du diplomate à la retraite Saliou Cissé, ancien ambassadeur du Sénégal au Nigéria et en Belgique.

Ce dernier met tout dans « les règles protocolaires ». « Par courtoisie, l’État qui invite un pays étranger à prendre part à une cérémonie officielle prend en charge tous les frais de séjour, peu importe le nombre de personnes », souligne-t-il.

« Mais quand un État organise une conférence internationale, un sommet de l’Union africaine par exemple, il fixe un nombre de personnes qu’il peut prendre en charge. Le reste de la délégation étrangère se prend en charge parce qu’ils ont des per diem pour participer à de telles rencontres. De même que lorsqu’un chef d’État d’une puissance étrangère décide de faire une tournée en Afrique, les pays hôtes le prennent en charge », souligne l’ambassadeur à la retraite.

Néanmoins, dit M. Cissé, « il y a le cas du Président français qui, lorsqu’il séjourne au Sénégal loge à l’ambassade de France à Dakar ».

Edité par Samba Dialimpa Badji

 

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