Non, le cunnilingus ne soigne pas le cancer

Un article du site 24jours.com, qui a été partagé sur Facebook, indique que le cunnilingus peut prévenir, voire guérir, le cancer.

L’article, intitulé « Manger le vagin peut prévenir et guérir le cancer selon une étude », ne précise pas de quel type de cancer il est question.

Il y est mentionné que selon une étude, sur le traitement du cancer, il est maintenant possible de guérir le cancer simplement en « mangeant des organes génitaux féminins ».

Les hormones telles que les DHEA (une hormone qui appartient à la famille des hormones stéroïdiennes, comme les hormones sexuelles) et l’ocytocine (une hormone connue pour son rôle dans l’accouchement et l’allaitement) sont produites chaque fois que le cunnilingus, qui consiste à stimuler le sexe féminin avec la bouche, se produit, est-il souligné dans l’article.

Il conclut que « les données suggèrent que la DHEA peut aider à traiter la dépression, l’obésité, l’ostéoporose et le cancer ».

Insensé et risqué

Du point de vue scientifique, ces affirmations n’ont aucun sens puisque le sexe oral a des risques infectieux avec le transfert des germes comme le papillomavirus (contenu dans les parties génitales) vers la bouche ou le cou : c’est l’avis du cancérologue Macoumba Gaye interrogé par Africa Check.

Il précise toutefois, qu’entre le transfert des germes de la sphère génitale à la sphère ORL et la naissance d’un cancer, il y a tout un monde. « Il ne faut pas en faire une relation de cause à effet, on parle de risque infectieux », prévient-il.

« Le papillomavirus augmente les risques de cancer »

Le Professeur Abdoul Aziz Kassé également cancérologue, ajoute que le papillomavirus augmente les risques de cancer partout où il entre : « Si c’est sur le pénis d’un sujet qui n’est pas circoncis, il y a un risque du cancer du pénis. Il y va de même pour la vulve ou la gorge ».

C’est pour cela, selon lui, que la vaccination contre le cancer du col ne doit pas s’arrêter qu’aux femmes, « les garçons aussi doivent aussi être vaccinés » pour prévenir le cancer de l’anus que l’on peut contracter si la relation s’est effectuée par cette voie, préconise-t-il.

Pratiquer le cunnilingus à condition de respecter les mesures d’hygiène

Malgré les risques cités, le cunnilingus, selon le Docteur Manuel Pina, gynécologue-obstétricien, peut être source de plaisir sexuel chez certaines femmes car le clitoris et les lèvres vulvaires sont très sensibles car très innervées.

« Il peut être pratiqué, à condition que des mesures hygiéniques strictes soient respectées », poursuit-t-il.

Car, indique-t-il, en dehors des risques de cancer, il y a également les risques de contracter des maladies infectieuses sexuellement transmissibles, comme l’herpès dont le virus simple de type 1 – qui se transmet principalement par contact muqueux – touchait 3,7 milliards de personnes de moins de 50 ans en 2012, soit 67% de la population, estimait l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Il y a également les hépatites B qui touche 6,1 % de la population adulte en Afrique, toujours selon l’OMS.

Diomma Dramé (05.07.2019)

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