La Chine finance-t-elle les infrastructures en Afrique plus que la BAD, l’UE, la SFI, la Banque mondiale et le G8 réunis ?

Affirmation

La Chine finance les projets d’infrastructures en Afrique plus que la Banque africaine de développement, l’Union européenne, la Société financière internationale, la Banque mondiale et le G8 réunis.

Source: African Manager (Site tunisien d'information économique)

correct

Verdict

Explication: L'information est correcte eu égard aux données disponibles.


« À noter que la Chine est devenue, assez rapidement, le plus gros bailleur bilatéral pour les infrastructures en Afrique ; elle injecte en Afrique plus que ce que décaissent la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne (UE) la Société financière internationale (SFI), la Banque mondiale et le G8 réunis. Cela donne une idée sur le coup de main de la Chine ! », mentionne le site tunisien d’information, African Manager dans un article publié le 05 janvier 2019.

 

Qu’est-ce que le G8 ?

Le site du ministère français des affaires étrangères présente le G8 comme « un groupe informel d’économies avancées qui se réunit une fois par an lors d’un Sommet des chefs d’État et de gouvernement ». Il a été créé « à l’initiative de la France en 1975 pour faire face au premier choc pétrolier », précise le site.

« Les membres du G8 sont la France, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Russie, l’Allemagne, le Japon, l’Italie et le Canada. Composé de six membres à sa création en 1975, puis de sept avec le Canada en 1976, le groupe est devenu le G8 avec l’inclusion progressive de la Russie à partir de 1998 », poursuit le site de la diplomatie française.

La Russie a été exclue du G8 en 2014 suite à l’annexion de la Crimée.

 

D’où tient-on cette comparaison ?

Africa Check est entré en contact avec la rédaction d’africanmanager.com. Le rédacteur en chef, Souleymane Loum, a confié qu’il a pris « les éléments factuels publiés par l’AFP (Agence France presse) et Jeune Afrique ». « Et j’ai agencé et agrémenté tout cela avec ce que je sais de l’activisme de Pékin en Afrique et des échos que j’en ai des chancelleries occidentales, notamment celle française », a-t-il ajouté.

Dans l’article, l’auteur a précisé que « l’investissement étranger chinois en Afrique subsaharienne est monté à 298 Milliards de dollars entre 2005 et 2018, d’après le think tank américain American Enterprise Institute (AEI). Ni l’Europe, ni les Etats-Unis ne peuvent en dire autant… ».

Qui investit le plus en Afrique ?

Africa Check a saisi le think tank américain en question. « Je ne sais pas. Je ne suis que les infrastructures et les investissements chinois et non ceux des autres institutions comme la Banque mondiale », a confié Derek Scissors, l’auteur du dernier rapport de AEI sur les opérations chinoises dans le monde.

Combien décaisse la BAD ?

La Banque africaine de développement (BAD) a mentionné, dans sa dernière présentation des opérations financières et analyse opérationnelle  qu’elle a atteint « un montant record de décaissement de 7,7 milliards de dollars », en 2017.

Pékin est-il en tête sur les IDE en Afrique ?

The Africa investment report, une publication annuelle réalisée par le média britannique Financial Times, a estimé les investissements directs étrangers en Afrique à 89,13 milliards de dollars en 2016. Les pays de l’Asie du Pacifique sont les premiers bailleurs sur la même période. « Et la Chine est le plus grand investisseur en Afrique », selon ce  document.

 

Qui finance le plus les projets d’infrastructures ?

Le dernier rapport du cabinet McKinsey sur les investissements en Afrique renseigne qu’ « en 2015, les engagements chinois en faveur des infrastructures en Afrique se sont élevés à 21 milliards de dollars plus que le total combiné du Consortium pour les Infrastructures en Afrique, dont les membres incluent la Banque africaine de développement, la Commission européenne, la Banque européenne d’investissement, la Société financière internationale, la Banque mondiale et les pays du Groupe des Huit (G8) ».

 

 

« La Chine, première puissance économique étrangère en Afrique »

Africa Check a consulté un récent article de l’ex-fonctionnaire de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Magaye Gaye, publié dans les colonnes du journal sénégalais Walf Quotidien, dans son édition du 15 janvier 2019, et disponible sur le site webbvoltaire.fr

Selon cet économiste, « la Chine est aujourd’hui devenue la première puissance économique étrangère en Afrique ».

« La Chine est le principal bailleur bilatéral pour les infrastructures en Afrique, avec 50 % de parts de marché, selon un récent rapport du cabinet international McKinsey. La Chine seule fait plus, dans ce domaine, que la Banque africaine de développement (BAD), l’Union européenne, la Société financière internationale (IFC), la Banque mondiale et le G8 réunis ! L’empire du Milieu s’est intéressé, jusqu’ici, aux infrastructures, aux matières premières, aux ressources minérales et pétrolières ».

« De plus en plus, il fait de la sécurité son cheval de bataille. Il vient, à cet effet, d’annoncer un financement de 63,9 millions d’euros en faveur de la force conjointe du G5 Sahel, 70,3 millions d’euros pour le dépôt militaire de Douala au Cameroun, et un million d’euros pour la mission de l’Union africaine en Somalie (…) », souligne ce spécialiste de la Chine.

Conclusion : l’information est avérée

La Chine met plus de ressources financières destinées à des projets d’infrastructures en Afrique que tous les membres du consortium pour les infrastructures en Afrique réunis.

Le dernier rapport du cabinet McKinsey confirme que Pékin finance plus de projets d’infrastructures en Afrique que tous les autres bailleurs réunis.

Au-delà, la Chine est première en Afrique en termes d’investissements directs étrangers d’après la dernière étude du Financial Times.

L’information est correcte selon les données disponibles.

 

Edité par Samba Dialimpa Badji

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