La fumée de cuisine tue-t-elle 600.000 Africains par an?

Un groupe de réflexion sur les politiques publique a posté un message sur Tweeter pour dire que la pollution de l’air intérieur liée à la fumée de cuisine tue chaque année plus de 600.000 Africains. Mais l’estimation n’est pas si exacte que cela.

La pollution intérieure de l’air intéteriur des habitations est un sérieux problème de santé à travers le monde. C’est parce que l’on estime que 3 milliards de personnes font la cuisine et chauffent leurs maisons avec des feux ouverts et des fours simples en brûlant du bois, du fumier d’animal, de la biomasse et du charbon.

L’inhalation de la fumée de cuisine tue 600.000 Africains chaque année, a tweeté Africa Progress Panel, un groupe de réflexion sur les politiques publiques.

Le nombre de morts peut-il être si élevé?

L’estimation des décès liés aux facteurs de risque est délicate

Tweet d’Africa Progress Panel du 4 novembre 2016
Tweet d’Africa Progress Panel du 4 novembre 2016

L’Africa Progress Panel est un forum de 10 éminentes personnalités dont l’ex-secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et l’ancienne Première Dame du Mozambique, Graça Machel. Son objectif est d’influencer les politiques en Afrique.

Nous avons demandé au think-tank la source de cette affirmation qui a été également reprise dans un article sur son site web. Nous n’avons pas encore reçu de réponse mais nous allons actualiser cet article dès qu’il y en aura..

En général, l’estimation des décès liés aux facteurs de risque comme la pollution de l’air est délicate, a confié à Africa Check Martin Roosli, professeur d’épidémiologie environnementale à l’Institut Suisse de Santé publique et Tropicale.

C’est parce que l’on ne peut pas constater directement le nombre de morts. Quand on meurt après avoir inhalé de la fumée dégagée par des combustibles solides, souvent, on succombe à des difficultés causées par des maladies respiratoires chroniques et aiguës.

Voici les décès liés à trois maladies pulmonaires qui peuvent être attribuées à l’utilisation des combustibles solides pour la cuisine : les infections respirations aigues basses chez les enfants de moins de cinq ans, maladies pulmonaires obstructives chroniques et cancer des poumons chez les personnes âgées de plus de 30 ans.

Pour déterminer le nombre de décès qui peuvent liés à un facteur de risque comme la fumée de cuisine, les chercheurs évaluent le nombre de personnes exposées. A partir des études précédentes, ils pourraient savoir ce que serait le risque de mourir en inhalant l’air pollué.

La fraction restante serait multipliée par le nombre total de décès dans un pays donné pendant une année précise pour obtenir une estimation du nombre de morts causées par le facteur risque.

Les décès réels inférieurs aux estimations

Les chiffres cités par African Progress Panel ont été très probablement collectés par the Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME), a dit M. Roosli à Africa Check.

L’IHME est un centre international indépendant de recherche sur la santé, à l’Université de Washington aux Etats-Unis. Pour 2015, son estimation du nombre de décès liés à l’utilisation des combustibles solides pour la cuisson est de 624.469, dans les pays membres de l’Union Africaine. Mais cela pourrait varier entre 487.157 et 758.487 morts, selon les données d’une enquête.

M. Roosli a toutefois précisé que les maladies chroniques qui tuent les personnes exposées à la fumée des cuisines ont diverses causes. Donc une estimation du nombre de décès qu’elle a causés sera plus large que le nombre réel de décès.

Conclusion : l’affirmation est globalement correcte

Les décès liés à la fumée de cuisine sont estimés, ils ne sont pas constatés. C’est parce que les maladies qui tuent les personnes exposées à la fumée de cuisine ont plusieurs causes. Donc le nombre réel de personnes qui en meurent est plus bas que les estimations.

Cela dit, les données les plus récentes dont nous disposons montrent qu’environ 490.000 à 760.000 Africains sont morts à cause de la fumée de cuisine en 2015.

Traduit de l’anglais

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