Message à la nation : Macky Sall a-t-il tenu ses promesses du 3  avril 2015 ?

Dans son message à la nation, le 3 avril 2015, le chef de l'Etat sénégalais avait annoncé trois promesses destinées à relancer le tourisme. Où en est-il dans la réalisation?

Dans son discours  tenu le 3 avril 2015, la veille de la célébration du 55e anniversaire de l’indépendance du Sénégal, le Président Macky Sall avait proposé des solutions aux  difficultés  du tourisme dans son pays.

« J’ai décidé de mesures incitatives pour la relance du secteur touristique et l’allègement des frais de voyage de nos compatriotes de la diaspora. Ainsi, le visa payant pour l’entrée au Sénégal sera supprimé à compter du 1er mai 2015. La parafiscalité sur le billet d’avion sera réduite de 50%, pour baisser le prix du billet. Seront concernées la redevance passager et la taxe de sûreté, dont le cumul s’élève à 8,4 milliards [de francs CFA] par an », avait-il déclaré.

« Enfin, nous mettrons en place un crédit de 5 milliards de francs, en soutien au secteur hôtelier », avait ajouté le Président Macky Sall.

Le Président Sall a-t-il tenu parole ? Ou alors où est-ce qu’il en est dans la réalisation des trois promesses contenues de ce discours ?

 Le touriste a-t-il toujours besoin d’un visa ?

Avant la fin du mois d’avril 2015, le ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur avait  envoyé une lettre circulaire  à tous les services impliqués dans la délivrance du visa payant, pour l’application de la directive présidentielle à partir du 1er  mai.

L’acte du patron de la diplomatie sénégalaise a été confirmé  en août 2015 par le ministre des Transports aériens et du tourisme d’alors, Abdoulaye Diouf Sarr, cité dans une dépêche de l’Agence de Presse Sénégalaise (APS). 

Pour les ressortissants de 63 pays  répertoriés, il  faut disposer d’un visa. Mais celui-ci est gratuit et la demande  doit être adressée au ministère de l’Intérieur. Ceci, explique le ministre Abdoulaye Diouf Sarr, pour des raisons de sécurité.

Quid de la baisse du prix des billets d’avion ?

L'aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar est l'un des points d'entrée des touristes au Sénégal. Photo AFP
L’aéroport international Léopold Sédar Senghor de Dakar est l’un des points d’entrée des touristes au Sénégal. Photo AFP

Par ailleurs, dans le but d’attirer plus de touristes dans son pays, le Président a rendu effective la baisse de 50% de la parafiscalité sur les billets d’avion, soit 10 000 francs  en valeur absolue. En d’autres termes, la taxe sûreté est passée de 4 000 à 2 000 francs pendant que la redevance passager est fixée à 8 000 francs contre 16 000 francs avant mai 2015.

La mesure n’a concerné ni la taxe carburant qui fait 40% du prix du billet d’avion, ni la Redevance de développement des infrastructures aéroportuaires (54 euros, soit un peu plus de 35 000 francs).

Le 4 juillet 2015, lors d’une cérémonie, le directeur des Aéroports du Sénégal, Pape Maél Diop, avait assuré que l’Etat allait combler le manque à gagner de 8 milliards de francs en allouant une subvention d’égale valeur.

Qu’en est-il des  5 milliards de francs promis aux hôteliers ?

Annoncé pour le 1er mai 2015, ce fonds de 5 milliards de francs tarde  à être disponible  pour les opérateurs hôteliers. Un retard qui a poussé le président de la Fédération des organisations patronales de l’industrie du tourisme, Mamadou Racine Sy, à souligner, dès le 27 mai 2015, que les hôteliers n’ont pas encore vu cet argent.

Ils l’ont attendu durant tout le reste de l’année en vain. Il leur a fallu patienter jusqu’au 3 mars 2016 pour  que le ministre du Tourisme et des Transports aériens annonce le début d’effectivité de la mise en place de ce fonds dénommé « Crédit hôtelier », comme l’a révélé le journal Le Quotidien.

Le ministère du Tourisme et des Transports aériens contacté par Africa Check indique « qu’on en est encore aux engagements des banques comme la Banque de l’Habitat du Sénégal pour 4 milliards de francs ».

« Aucun projet venant d’un hôtelier n’a encore bénéficié de ce fonds pour le moment. Le processus de mise en place de ce fonds suit son cours », précise-t-il.

La Banque de l’habitat du Sénégal (BHS) va ainsi décaisser 4 milliards de francs. Le Fonds de garantie des investissements prioritaires (FONGIP) sera chargé de bonifier les projets proposés avec une enveloppe de 400 millions de francs, alors que et le Fonds souverain d’investissements stratégiques (FONSIS) va gérer les  500 millions de francs qui restent.

Conclusion : les promesses ont été tenues pour le visa et les billets d’avion, pas encore pour le crédit hôtelier

Les  5 milliards de francs CFA promis aux hôteliers ne sont pas  encore effectifs. Cependant,  le billet d’avion a connu une faible baisse de 10 000 francs, en raison de la réduction de 50% de la redevance passager et de la taxe sûreté.

De même, la promesse de suppression du visa d’entrée au Sénégal pour les étrangers a été tenue quelques semaines plus tard.

Il faut cependant noter qu’il y a un retard au sujet de la mise en place du Crédit hôtelier, un fonds de soutien aux hôteliers.

Relu par Assane Diagne

© Copyright Africa Check 2016. Vous pouvez reproduire cet article totalement ou partiellement dans le cadre d’un reportage et /ou d’une discussion sur l’information et l’actualité, à condition d’en attribuer le crédit à “Africa Check, une organisation non partisane qui encourage la précision dans le débat public et dans les médias. Twitter @AfricaCheck_FR et fr.africacheck.org”.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Africa Check encourage une discussion franche, ouverte et inclusive sur les sujets abordés sur son site Web. Pour que la discussion réponde à ces objectifs, nous avons établi un règlement intérieur simple pour les contributions.

Les contributions doivent:

  • Etre en relation avec le sujet de l’artcle ou de la publication
  • Être écrit en francais

Les contributions ne peuvent pas:

  • Etre dans un langage ou contenir des informations diffamatoires, obscènes, abusives, relever de la menace ou du harcèlement;
  • Encourager ou constituer un comportement illégal
  • Véhiculer un message à l’égard duquel une autre partie détient les droits, lorsque vous n’avez pas acquis ces droits;
  • Contenir des informations personnelles sur vous ou d’autres personnes qui pourraient mettre quelqu’un en danger;
  • Contenir des URL inappropriées;
  • Constituer du courrier indésirable ou de la publicité non autorisée;
  • Être soumis à plusieurs reprises comme commentaires sur le même article ou post;

En faisant une contribution, vous acceptez qu’en plus de ce règlement intérieur, vous soyez lié par les . Les conditions générales d’Africa Check peuvent être consultées sur le site Web.

*