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Oui, le numérique génère 7% du PIB de la Côte d’Ivoire

Le secteur numérique contribue à hauteur de 7% au Produit intérieur brut (PIB) en Côte d’Ivoire. Il génère également 530 millions de dollars pour l’Etat, soit 13% des recettes fiscales, selon la French Tech Abidjan. Est-ce juste ?

Par Birame Faye

Rendant compte des «Soirées professionnelles du digital» organisées par French Tech  Abidjan, le 19 octobre 2017, le site d’informations abidjan.net a rapporté des propos attribués à French Tech.

Selon cette plateforme, qui œuvre pour la promotion des Technologies et de l’information et de la communication (TIC), «le secteur du numérique et des nouvelles technologies en Côte d’Ivoire est en forte croissance (7 à 9% par an)  avec un niveau d’investissement soutenu estimé à 113 milliards d’euros sur les cinq dernières années».

«Il contribue au PIB à hauteur de 7% et rapporte environ 530 millions d’euros à l’Etat, soit 13% des recettes fiscales et parafiscales », relève la même source.

Quelle est la part des TIC dans le PIB de la Côte d’Ivoire ? Africa Check a cherché les preuves.

D’où tient-on ces chiffres ?

Africa Check a pris contact avec les animateurs de la plateforme French Tech Abidjan dont Denis Motte, le directeur de la société DIP Systemes Afrique. Selon M. Motte, « les chiffres mentionnés dont l’auteur de l’article s’est certainement inspiré, sont ceux cités par le ministre [de l’Economie numérique], Bruno Nabagné Koné, et le service de l’économie de l’ambassade de France en Côte d’Ivoire ».

«En effet, ils n’ont pas été cités durant l’évènement dont l’article parle », a-t-il ajouté.

Denis Motte nous indique la page du site web de ladite ambassade qui évoque ce sujet  et un article  publié par le site d’informations boukam.net.

Quelle est la part du numérique dans le PIB ?

Le ministère de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste, à travers un document  intitulé « Objectifs stratégiques du gouvernement ivoirien en matière de développement des télécommunications/TIC », mentionne « une contribution au PIB de 8% ».

Le Plan national de développement,  dans son «Diagnostic stratégique de la Côte d’Ivoire sur la trajectoire de l’émergence» précise que «le secteur des télécommunications/TIC représente 7 à 8% du PIB ivoirien ».

Les mêmes chiffres sont avancés par le Premier ministre Daniel Kablan Duncan. Il affirme que le secteur des TIC représente entre 7 et 8% du PIB et devrait atteindre 15% en 2020.

Quelle contribution aux recettes fiscales ?

De plus en plus de rencontres sont organisées pour accompagner le développement du numérique en Afrique. Photo AFP.

De plus en plus de rencontres sont organisées pour accompagner le développement du numérique en Afrique. Photo AFP.

La loi des finances portant budget de l’Etat pour l’année 2017 révèle que les rentrées fiscales devraient atteindre 3 711,8 milliards en 2017.

Le Plan national de développement renseigne que le secteur du numérique génère «annuellement 300 à 400 milliards de FCFA au budget de l’Etat».

Dans son premier numéro consacré aux «enjeux de l’économie numérique en Côte d’Ivoire», la revue Actual-IT, éditée par le ministère de la Poste et des Télécoms, renseigne que ce secteur procure « 10% des recettes fiscales ».

Le mumérique, moteur du tertiaire

L’économiste béninois, Jean-Baptiste Djohy, consultant à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), explique à Africa Check que le secteur tertiaire est redevenu le moteur de l’économie, grâce au développement du secteur du numérique en Côte d’Ivoire.

« Depuis 5 ans, la  Côte d’Ivoire a  l’économie la  plus dynamique d’Afrique de l’ouest avec un taux de croissance moyenne de près de 9%. Le secteur tertiaire fait  plus 45% du PIB contre 35 % pour le secteur primaire», selon lui.

« Il y a 15 ans, l’agriculture dominait les économies des pays membres de l’UEMOA. Mais aujourd’hui, c’est le tertiaire  qui tire la croissance», souligne M. Djohy.

Selon cet expert, « cela est dû en grande partie au développement du secteur du numérique et de ses effets d’entrainement dans les autres  sous-secteurs en Côte d’Ivoire depuis la fin de la crise politique, en 2011 ».

« En plus de la téléphonie qui croit à hauteur de 8% par an, l’activité bancaire est fortement tirée par l’internet. On parle même d’e-Banking, d’e-commerce, etc. C’est aussi le cas pour le tourisme et les transports. Ensuite, il y a des investissements  lourds en cours pour booster l’économie numérique dans ce pays. C’est le cas de la fibre optique qui va engloutir plus de 100 milliards de francs CFA.

« Dans le domaine des TIC, la Côte d’Ivoire avait un retard par rapport un pays comme le Sénégal, la deuxième économie de la zone [UEMOA]. Les investissements en cours pourraient réduire ce retard », souligne l’économiste béninois.

Conclusion : l’affirmation est correcte dans l’ensemble

Un site d’information a indiqué que le numérique assure 7% du PIB de la Côte d’Ivoire et génère 530 millions d’euros par an, 13% des recettes fiscales.

Les chiffres avancés sont conformes aux  données officielles. Sa part dans les recettes fiscales correspondant globalement aux chiffres qui  figurent dans le plan de développement national et la loi de finances 2017.

La déclaration de la plateforme French Tech Abidjan est donc globalement correcte.

Edité par Assane Diagne

 

 

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