Comme la plupart des journalistes le savent, beaucoup de prix existent aujourd’hui dans le secteur des médias. Ceux-ci distinguent diverses catégories de journalisme : du « meilleur reportage sportif » au « meilleur article d’actualité » en passant par le « meilleur article de journalisme d’investigation ».

Si vous pensez à cette forme traditionnelle de reportage en vous présentant aux Prix africains de fact-checking, nous vous conseillons de ne pas nous l’envoyer. Le reportage traditionnel est important certes mais ce nous recherchons c’est quelque chose de différent, quelque chose de nouveau : un superbe article de journalisme de fact-checking.

Votre article est-il du fact-checking ?

Les fact-checkers du monde entier se réunissent en Argentine en juin. Consultez des sites comme Politifact.com et Fullfact.org pour voir ce qu’ils font.

Même si la plupart des journalistes dans le monde ont toujours essayé d’obtenir les faits et d’aller au fond de toute affaire sur laquelle ils enquêtent, cela n’en fait pas du fact-checking.

La différence est dans le centre d’intérêt. Les reporters traditionnels essaient de rendre compte avec précision de ce que disent les figures publiques ou les institutions. Les fact-checkers essaient de montrer l’exactitude ce qui est dit.
Le fact-checking est une nouvelle tendance dans le journalisme, qui se développe dans le monde. Environ 100 sites indépendants s’y adonnent aujourd’hui et de plus en plus de journalistes en deviennent les adeptes.

C’est ce que nous à Africa Check faisons chaque jour.

Nous le faisons parce que nous pensons que le fact-cheking fait la différence en promouvant l’exactitude et l’honnêteté dans les débats pour que les citoyens puissent se décider en se basant sur des faits.

Met-il l’accent sur l’exactitude d’une déclaration ?

Donc pour être primée, votre candidature doit commencer par examiner minutieusement une déclaration qui a été faite. Elle doit examiner rigoureusement les preuves pour et contre disponibles et accessibles au public. Et elle doit présenter aux lecteurs ou auditeurs votre conclusion sur l’exactitude de la déclaration faite.

Deuxièmement, elle doit être présentée d’une manière honnête aux yeux de la personne ou de l’institution qui a fait la déclaration, et vigoureuse dans l’évaluation des preuves. Et tout cela doit être fait d’une manière transparente et accessible au plus grand public.

Troisièmement, il doit porter sur un sujet important pour la société au sens large. Un bon fact-checking doit porter sur des sujets importants.

Quels exemples à suivre ?

Pour commencer, Africa Check fournit un exemple de vérification des faits. Depuis le lancement d’Africa Check en 2012, nous avons publié plus de 700 articles de fact-checking en français et en anglais. Nous avons également une section sur le site Web intitulée : «Vérifier des faits», qui énonce des orientations sur le fait -checking et fournit des exemples. Depuis que nous avons lancé notre initiative, un certain nombre d’autres sites indépendants de vérification des faits ont émergé, alors que de nombreux journaux, sites d’information et stations de radio du continent publient et diffusent des articles de vérification des faits.

Pour l’inspiration, vous pouvez regarder quelques-uns des articles qui ont remporté nos prix en 2015 et en 2016, de l’enquête exposant comme fausse une série de déclarations faites par des personnalités publiques au Nigéria au sujet de la législation relative à l’âge de maturité légale, aux gagnants de l’année dernière. Entre autres sujets traités, il y a une enquête démontant les déclarations faites par le gouvernement de la Côte d’Ivoire au sujet d’un conflit foncier dans le centre du pays (médias francophones) et un autre sur les fausses les déclarations du président camerounais affirmant avoir offert des ordinateurs portables à «chaque étudiant des universités publiques et privées » du pays (médias anglophones).

Et si vous voulez regarder en dehors de l’Afrique, il existe des dizaines d’exemples significatifs de vérification des faits, allant du travail de sites web tels que le site lauréat du Prix Pulitzer, Politifact (un partenaire du projet Santé et Développement d’Africa Check) à celui du site britannique Full Fact.

Cela vous permettra de savoir ce que les membres du jury vont chercher à nouveau cette année : des articles qui examinent une déclaration spécifique ou des déclarations faites par une personnalité publique en Afrique, analysent les preuves et disent aux lecteurs si les informations sont fiables ou non.

Nous recherchons des articles – de presse écrite, en ligne ou audiovisuelle – qui sont justes, clairs, bien réalisés et qui ont un impact en exposant des allégations trompeuses sur des sujets importants pour le public sur l’ensemble du continent. Faites tout cela, et nous aurons de bonnes candidatures pour la compétition cette année.