GUIDE : Comment vérifier un compte Twitter

Apprenez à détecter les canulars sur Twitter dans ce guide.

Apprenez à détecter les canulars sur Twitter dans ce guide.

Le réseau social Twitter peut être un espace déroutant et dangereux, car il permet aux titulaires de comptes de tendre des pièges ou de prétendre être quelqu’un d’autre.

Par exemple, un fameux tweet annonçant prématurément la mort de l’ancien président sud-africain Nelson Mandela était devenu viral car il semblait légitime. Apparemment venant de Piers Morgan, ancien rédacteur en chef de tabloïds britannique Got Talent. Le «m» de @piersmorgan avait été sournoisement changé avec un «n».

Dans ce guide, nous vous aidons à naviguer sur Twitter avec des outils gratuits et faciles à utiliser, ainsi que des conseils et des astuces.

Examiner l’historique d’un compte

Foller.me fournit un aperçu complet des différents aspects de tout compte Twitter, comme l’historique des comptes et quand il est le plus actif. Étant donné que Twitter supprime régulièrement les bots (faux comptes) et les comptes à problèmes, plus le compte est long, plus il est probable qu’il soit authentique.

Soyez sceptique donc en présence d’un nouveau compte qui a à peine tweeté.

Une autre idée que Foller.me fournit est le ratio abonnements-abonnés. Cette activité vous permet de déterminer si l’activité d’un compte est humaine ou de type bot. Recherchez des modèles inhabituels, tels que des comptes qui tweetent à des heures fixes, ou qui sont inactifs pendant de longues périodes avant de se « réveiller » soudainement et d’envoyer une rafale de tweets, seulement pour se taire à nouveau.

Pour utiliser l’outil, tapez le @nom que vous voulez vérifier et cliquez sur « analyser ». Vous trouverez une explication simple à côté de chaque section qui explique comment analyser les informations fournies.

Conseil : le nombre de fois qu’un compte a été ajouté à une liste par d’autres utilisateurs est une indication de crédibilité. Mais, inversement, un faible nombre d’inscriptions n’indique pas nécessairement un manque de crédibilité.

Bust bots

Les Sud-Africains ont appris en 2017 comment l’influente famille Gupta a déployé des bots – des comptes de robots programmés en ligne – pour mener une guerre en ligne contre quiconque est perçu comme l’ennemi de Jacob Zuma.

Les outils gratuits Botometer et BotOrNot peuvent vous aider à détecter ces comptes. Ils examinent le comportement d’un compte Twitter et recherchent un comportement similaire à celui d’un bot. Cela inclut de ne pas générer de contenu original et de simplement retweeter et partager les tweets d’autres comptes. Un autre indice est quand un compte a très peu d’adeptes, mais recueille régulièrement un nombre élevé de retweets quand il tweete.

Sachez que ces outils ne sont pas parfaits. Quand une vraie personne n’a pas un avatar Twitter et une biographie, ou si ce sont des rôdeurs qui tweetent rarement ou seulement retweetent, ils peuvent être classés comme un bot.

Utilisez ces outils uniquement à titre d’indication, plutôt que de confirmation absolue, qu’un compte est un bot.

Botometer vérifie si un utilisateur est un bot, ou combien de ses abonnés ou des comptes qu’ils suivent sont des robots. Appuyez sur Entrée et un graphique ressemblant à un indicateur de vitesse vous dira ce que l’outil a découvert. Plus le score est bas, moins le compte est susceptible d’être un bot, tandis que des scores plus élevés indiquent que le compte pourrait être un bot.

BotOrNot est similaire à Botometer. Cliquez sur « Démarrer maintenant » et il analysera votre compte et vous dira combien de personnes vous suivent, et qui vous suivez, présentent un comportement de type bot.

Voici une analyse de mon propre compte Twitter qui indique que la plupart de mes abonnés et comptes que je suis sont réels. L’outil n’est pas parfait car je sais que certains comptes identifiés comme «faux» ne le sont pas.

Astuce : j’utilise régulièrement BotOrNot pour nettoyer mon compte en me désabonnant de ceux qui semblent être faux.

Contrôles manuels

Les outils partagés jusqu’à présent font le gros du travail, mais ils ne se substituent pas au travail manuel et à certaines de ces vérifications manuelles :

 

    1. Qui tweete ? Il est essentiel de vérifier la crédibilité de la source d’un tweet avant de le partager. Est-ce d’une personne ou d’une publication crédible, d’un journaliste ou d’un simple individu? Ou est-ce d’un compte parodique ou d’un comédien? Les comptes parodiques indiquent souvent qu’ils le sont dans leur biographie, mais parfois ils ne le font pas. Si un site web ou un blog est répertorié dans la biographie, consultez-le.
    2. Le compte a-t-il une coche bleue? Un moyen sûr de vérifier un compte – en particulier ceux des personnes célèbres – est de vérifier une coche bleue à côté du nom. Cette coche signifie que Twitter a certifié qu’ils sont ce qu’ils disent qu’ils existent. Soyez particulièrement prudent à propos d’un tweet ostensible du compte d’une personne célèbre qui n’a pas cette coche. Par exemple, @GwedeMantashe1, mis en place en juillet 2013, a une coche bleue confirmant qu’il s’agit du compte du nouveau ministre des Ressources minérales de l’Afrique du Sud, alors que @Gwede_Mantashe, créé en juillet 2012, ne l’est pas.
  1. Googliser le tweeter. Vérifiez si la personne est active sur d’autres plateformes de médias sociaux. Soyez prudent si vous ne trouvez pas grand-chose à son sujet : l’ouverture est un signe de crédibilité. Si elle utilise un pseudonyme sans photographie d’elle-même, méfiez-vous.
    Conseil : les gens utilisent souvent le même nom à travers les plateformes. Alors recherchez leurs pseudos sur Twitter sans le signe @
  2. Examinez la chronologie. Quels sont les tweets précédents du compte? Sur cette base, demandez-vous si la personne peut savoir de façon crédible de quoi elle parle. Par exemple, lorsque l’US Navy Seals a attaqué la cachette du leader terroriste Oussama Ben Laden au Pakistan en 2011, la première alerte a été donnée par un tweet d’un technicien informatique qui vivait dans la ville. En regardant la chronologie de Sohaib Athar, il était clair à partir de ses tweets au sujet de sa vie de tous les jours qu’il était ce que sa biographie a dit.

  1. 5- Cherchez le contexte. Si quelqu’un partage son emplacement, vérifiez qu’il correspond à l’information diffusée sur Twitter. Méfiez-vous si l’emplacement du tweet est Dakar, par exemple, mais le poste est sur un incident à Paris. Certains outils gratuits peuvent aider les utilisateurs à créer de faux tweets : alors méfiez-vous! Si cela semble fou ou improbable qu’une personne, en particulier quelqu’un de célèbre, ait envoyé le tweet, faites plutôt preuve de prudence en ne le partageant pas. Certains faux générateurs de tweet n’incluent pas d’horodatage, donc l’absence de cet élement est une indication infaillible que c’est faux.
  2. 6- Méfiez-vous de l’horodatage. Certains outils gratuits peuvent aider les utilisateurs à créer de faux tweets – alors méfiez-vous! Si cela semble incroyable ou improbable qu’une personne, en particulier quelqu’un de célèbre, ait envoyé le tweet, faites plutôt preuve de prudence en ne le partageant pas. Certains faux générateurs de tweet n’incluent pas d’horodatage. Donc l’absence d’hortodatage est une indication certaine que c’est faux.
  3. 7 – Recherchez les tweets associés. Si quelqu’un tweete sur un événement majeur comme une explosion à Paris, d’autres tweeteront à ce sujet aussi. Donc, si vous ne trouvez pas d’autres tweets à propos de l’incident, il y a quelque chose qui cloche.
  4. 8- Surveillez les suivis. Les gens postent souvent des tweets de suivi, parfois avec des photos et des vidéos, lorsqu’ils sont témoins d’un événement. Les recouper avec d’autres images ou vidéos d’une scène vous aidera à vérifier si le tweet est de première main
  5. 9 – Découvrez les abonnés. C’est facile d’avoir de faux abonnés. Soyez prudent quand un tweeter a un grand nombre de personnes, mais beaucoup de tweets dans différentes langues.
  6. 10 – Attention à «réel» dans un pseudo. A quelques exceptions près – le président américain @realDonaldTrump en est un – la présence de «vrai» ou de «réel» dans un pseudo Twitter est une alerte. Demandez-vous pourquoi une organisation de presse ou une personne célèbre aurait besoin de l’ajouter.

Enfin, on ne le dira jamais assez, une partie de ce travail repose sur vous : vous ne devriez partager un tweet que si vous êtes sûr de sa crédibilité.

Raymond Joseph est journaliste indépendant, formateur en journalisme et consultant média.

Traduit de l’anglais. Consultez la version originale.

© Copyright Africa Check 2018. Vous pouvez reproduire cet article totalement ou partiellement dans le cadre d’un reportage et /ou d’une discussion sur l’information et l’actualité, à condition d’en attribuer le crédit à “Africa Check, une organisation non partisane qui encourage la précision dans le débat public et dans les médias. Twitter @AfricaCheck_FR et fr.africacheck.org”.