GUIDE : Comment vérifier un site web et ceux qui sont derrière

Les faux sites d'informations peuvent sembler très convaincants. Voici deux outils ainsi que des conseils pour vous aider à vérifier la crédibilité d'un site web.

Les faux sites d’informations peuvent sembler très convaincants. Voici deux outils ainsi que des conseils pour vous aider à vérifier la crédibilité d’un site web.

Quand un site en ligne a rapporté l’année dernière que l’ancien athlète paralympique Oscar Pistorius s’était suicidé en prison, l’article a été vite partagé en ligne.

Après tout, c’était une histoire qui avait tous les éléments d’une tragédie grecque: un jeune homme né sans jambes surmonte son handicap pour devenir une star sportive internationale. Puis, une nuit, il tire sur sa belle petite amie et après un long procès largement médiatisé, il est condamné à la prison pour son meurtre.

Son suicide signalé a soigneusement fermé la boucle sur l’histoire tragique d’un jeune homme qui avait tout, mais l’a jeté.

Il y a un seul problème : l’histoire n’était pas vraie et le site qui l’a publiée est connu pour faire du sensationnel sur de «fausses nouvelles», souvent à propos des morts supposées de célébrités.

Les indices d’une histoire montée de toute pièce

Le faux article sur la mort d’Oscar Pistorius a été rapidement démonté par Politifact, une organisation de fact-checking basée aux États-Unis. Il en a déduit que c’était un gros mensonge.

Pourtant, une lecture rapide de l’article non daté aurait montré des indices d’une histoire inventée.

Comme le soulignait Politifact, le site avait mal orthographié le nom de Pistorius. Il a également cité des fonctionnaires anonymes de la prison, confirmant « samedi » que l’athlète avait été retrouvé « suspendu dans sa cellule de prison à 5h30 heure locale dimanche », le lendemain de l’annonce de sa mort.

De plus, l’article était mal écrit. Et, demandez-vous, comment un obscur site en ligne américain a-t-il obtenu un scoop que d’autres médias locaux [sud-africains] crédibles avaient complètement manqué?

Malheureusement, les articles sur la mort cruelle de célébrités inondent les médias sociaux. Voici deux outils ainsi que des conseils pour vous aider à vérifier la crédibilité d’un site web et les personnes qui sont derrière :

Whois

Il existe de nombreux outils Whois gratuits pour vous aider à savoir qui se cache derrière un site web. Ces outils vous fournissent des informations importantes sur l’identité d’un site, son adresse physique et le numéro de téléphone de l’organisation. Si l’information est disponible, elle indiquera également quand le site a été enregistré pour la première fois.

J’utilise souvent www.whois.com/whois.

Comment faire une recherche Whois :

1-  Copiez l’URL du site web que vous souhaitez vérifier.

2- Accédez à l’outil Whois.

3- Collez ou tapez l’URL du site dans la barre de recherche, puis lancez une recherche.

Dans le cas de sites légitimes – comme eNCA, par exemple – vous trouverez généralement que le nom, l’adresse et les coordonnées de la personne responsable du site, ainsi que l’endroit où il est enregistré, sont répertoriés.

Une chose importante à rechercher est quand le site a été créé ou enregistré pour la première fois, car les sites de «fausses informations» apparaissent souvent du jour au lendemain.

Les sites douteux, comme le tristement célèbre wcmleaks.com, qui a lancé des attaques calomnieuses contre quiconque critique la famille Gupta et le président Jacob Zuma, se cachent généralement derrière des sociétés opaques. WCMLeaks, qui a été lancé en avril 2017, est enregistré sous le nom d’une société basée aux États-Unis, sans aucune information sur les véritables personnes derrière elle.

Bien que les organisations légitimes puissent parfois utiliser une société d’enregistrement de domaine offshore tierce pour éviter les spammeurs, soyez prudents si les détails de propriété du site sont cachés.

Et même si un contact est donné, méfiez-vous. Par exemple, si le contact est Peter Brown et que la société est Fresh News, mais que l’adresse e-mail de contact est name@xyznewsonline.com, il y a quelque chose de louche qui se passe.

KnowNews

Un de mes outils gratuits préférés est l’application KnowNews de Media Monitoring Africa. Il vous aide à vérifier la crédibilité d’un site Web sud-africain sur votre ordinateur de bureau avec le clic de votre souris.

Malheureusement, il est seulement disponible pour le navigateur Chrome, mais il est prévu de l’adapter aux autres bientôt. Téléchargez-les ici. Une fois que vous avez téléchargé l’application, elle apparaît parmi les favoris de votre navigateur.

Comment utiliser KnowNews :

Il suffit de cliquer sur l’icône KnowNews dans votre navigateur lorsque vous êtes sur un site d’actualités sud-africain et une fenêtre pop-up apparaîtra évaluant la crédibilité du site.

L’outil utilise une base de données régulièrement mise à jour des sites web douteux et crédibles connus. Si vous pensez qu’un site non listé est douteux, vous pouvez le signaler depuis l’extension et Media Monitoring Africa le vérifiera et l’ajoutera sa base de données s’il est d’accord.

Le bon sens

C’est l’un des outils les plus puissants de votre boîte à outils de vérification des faits. Ne jamais oublier que si quelque chose semble être bon pour être vrai, c’est probablement le cas.

Faites une recherche rapide sur Google pour vérifier si des sources d’information crédibles rapportent également l’information. De bons exemples c’est lorsque les informations ont indiqué que le service de télévision payante par satellite DStv sera bientôt gratuit et que l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki a été élu secrétaire général des Nations Unies. Une recherche montre qu’aucun média crédible n’a rapporté l’une ou l’autre de ces informations, qui auraient été de grandes nouvelles en Afrique si elles étaient vraies.

Questions à poser sur un site web pour juger de sa crédibilité :

  • Les données Whois sont-elles transparentes et les détails des propriétaires donnés?

 

  • Est-ce qu’il publie un numéro de contact et une adresse de ses bureaux?

 

  • A-t-il une rubrique « à propos »? Souvent, les sites de fake news se cachent derrière une clause stipulant que le contenu peut inclure du contenu «parodique» ou d’autres clauses de non-responsabilité.

 

  • Vérifiez toujours la date de l’article. Souvent, de vieux articles comme ceux annonçant la mort de personnes célèbres décédées des années plus tôt, refont surface sur les réseaux sociaux et sont ensuite largement partagés.

 

  • Vérifiez toujours l’URL d’un article. Les sites louches utilisent souvent des URL qui ressemblent à la réalité – mais avec un léger changement, comme T1mesLive.co.za.

 

  • Vérifiez l’URL pour vous assurer que vous êtes au bon endroit. Vous avez peut-être cliqué sur un lien vers City Press, mais l’URL est en fait PressCity.co.za C’est ainsi que le piratage de compte bancaire fonctionne en vous redirigeant vers de faux sites.

 

  • L’adresse URL commence-t-elle par https? La plupart des sites crédibles – ainsi que de véritables sites bancaires et de commerce électronique – auront toujours une URL commençant par https. Il faut un peu plus d’énergie et de dépenses pour mettre en place un site sécurisé, donc les faussaires ne s’embarrassent généralement pas d’une URL https.

 

  • Recherchez un verrou à côté de l’URL, ce qui indique que le site est sécurisé. Si vous cliquez sur le verrou, vous trouverez des détails sur le site, y compris un certificat attestant qu’il est authentique.

 

  • La conception bâclée et les articles mal écrits contenant des fautes d orthographe sont des signes d’alerte. Il en est ainsi de la surutilisation des lettres majuscules.

 

  • Est-ce que le site publie souvent des informations sensationnelles sans sources appropriées ou bien ne parvient pas à renvoyer à une source d’information? Googler l’article plus le nom de la source supposée, pour voir s’ils ont en fait publié une telle information. Ou bien allez sur le site de la source présumée et recherchez l’histoire.
  • En cas de doute, ne partagez pas.

Raymond Joseph est journaliste indépendant, formateur en journalisme et consultant média.

Traduit de l’anglais. Lisez la version originale.

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